La grappe des sciences de la vie de l’Ouest canadien est diversifiée et couvre un large spectre d’activités, y compris les produits biopharmaceutiques, les technologies d’assistance médicale, la biotechnologie agricole et les technologies de transformation des aliments.
Un examen de la grappe des sciences de la vie basé sur les profils élaborés par les associations industrielles provinciales indique que la Colombie-Britannique et l’Alberta ont combiné leurs forces dans les secteurs de la recherche biopharmaceutique et du développement des produits. L’Alberta mène aussi des activités de recherche animale et alimentaire avec la Saskatchewan et le Manitoba. En particulier, l’Alberta, le Manitoba et la Colombie-Britannique se distinguent par la création et le développement de technologies d’assistance médicale.
Dans toutes les provinces, l’application de la génomique à diverses formes de vie unifie les efforts de recherche et de développement de produits. La recherche en génomique peut environir à de nombreuses applications humaines, agricoles, animales, et même à la grappe des ressources. Le tableau 4.1 illustre la concentration des activités relatives aux sciences de la vie dans chacune des provinces.
| Domaine des sciences de la vie | Columbie-Britannique | Alberta | Saskatchewan | Manitoba |
|---|---|---|---|---|
| Produits biopharmaceutiques | X | X | X | X |
| Fabrication biopharmaceutique | X | |||
| Bioinformatique | X | |||
| Appareils médicaux | X | X | X (Diagnostics) | |
| Nanotechnologie | X | X | ||
| Biotechnologie agricole | X | X | X | X |
| Aliments fonctionnels et nutraceutiques | X | X | X | |
| Bioproduits industriels | X | X | X (Biocarburants) | |
| Environnement | X | X (Biosciences appliquées aux changements climatiques) | X (Microbes) | |
| Biotechnologie marine | X | |||
| Biotechnologie forestière | X |
Source: : Associations industrielles provinciales
Statistique Canada sonde la grappe des biotechnologies de l’Ouest canadien1 depuis 1997. Le plus récent sondage, réalisé en 2005, indique qu’entre 1997 et 2003, le nombre d’entreprises s’est accru fortement dans chacune des provinces de l’Ouest canadien. Le tableau 4.2 donne des détails à ce sujet.
| Province | 1997 | 1999 | 2001 | 2003 |
|---|---|---|---|---|
| Colombie-Britannique | 52 | 71 | 69 | 91 |
| Alberta | 19 | 28 | 24 | 44 |
| Saskatchewan | 19 | 16 | 17 | 34 |
| Manitoba | 6 | 6 | 11 | 21 |
| Total pour l’Ouest canadien | 96 | 121 | 121 | 190 |
| Reste du Canada | 186 | 237 | 254 | 300 |
| Total pour le Canada | 282 | 358 | 375 | 490 |
Actuellement, la grappe des sciences de la vie de la Colombie-Britannique compte 340 entreprises qui emploient environ 4 000 personnes. La fabrication de produits biopharmaceutiques représente la majeure partie du secteur des sciences de la vie dans cette province. C’est là que se trouvent concentrés les investissements publics et privés dans la recherche et la création d’entreprises, et qu’on obtient le plus grand succès commercial. La Colombie-Britannique compte environ 91 entreprises biopharmaceutiques qui emploient 2 173 personnes et enregistrent des revenus annuels de 779 millions de dollars. Selon le rapport de 2005 d’Ernst & Young sur les activités de biotechnologie dans le monde, la Colombie-Britannique possède le 7e groupement en importance d’entreprises biopharmaceutiques en Amérique du Nord.
Les autres secteurs stratégiques sont les technologies d’assistance médicale, les bioproduits et la bioinformatique. La BC Medical Device Technologies Association (BC MedTech) compte 63 entreprises membres œuvrant directement dans la création d’appareils médicaux. De son côté, la BC BioProducts Association regroupe 25 entreprises membres qui emploient quelque 120 personnes.
Les autres domaines d’intérêt des sciences de la vie comprennent la recherche en nanotechnologie, en agriculture (génomique des raisins à vin), en biotechnologie marine (aquaculture), en foresterie et en environnement.
La Colombie-Britannique compte plusieurs universités qui font de la recherche et fournissent l’infrastructure et les services de transfert de technologie nécessaires à la recherche sur les sciences de la vie. Ces universités comprennent l’Université de la Colombie-Britannique (UBC), l’Université de Victoria (UVic), l’Université Simon Fraser (SFU) et l’Université Northern British Columbia (UNBC). Chacun de ces établissements collabore avec des partenaires industriels avec ou sans but lucratif dans le cadre de divers programmes de recherche.
Les principaux centres et instituts de recherche qui se trouvent dans ces établissements sont énumérés ci dessous :
L’Alberta compte plus de 100 entreprises de biotechnologie dont 61 s’occupent de produits biopharmaceutiques, 20 de bioproduits industriels et 19 de biotechnologie agricole. Environ 3 300 2 employés travaillent directement dans l’industrie de la biotechnologie de l’Alberta, et les revenus combinés des entreprises de biotechnologie ont dépassé 380 millions de dollars en 2004.
L’industrie des sciences de la vie de l’Alberta comprend des centres de recherche de recherche et d’enseignement axés sur trois secteurs : la santé, l’agroalimentaire et les sciences environnementales.
Santé – Les chercheurs de l’Alberta sont reconnus pour leur travail sur le diabète, l’oncologie, les maladies infectieuses, les thérapies immunosuppressives, la recherche sur les maladies cardiaques, les soins pédiatriques et la recherche sur le VIH et le SIDA.
Agroalimentaire – En Alberta, la recherche agricole repose sur une riche tradition et permet la production de céréales plus résistantes, une utilisation plus efficace des pesticides et la recherche sur la sécurité alimentaire.
Les principaux organismes et installations de recherche de l’Alberta comprennent :
L’Université de l’Alberta - L’Université de l’Alberta est le plus grand établissement de recherche de la province. Il fournit des ressources de recherche primaire à plus de 60 centres et instituts de recherche dans le secteur des sciences de la vie. Ses plus grandes réussites sont le protocole de traitement d’Edmonton pour traiter le diabète de type 1 et les résultats de la recherche sur le traitement des maladies du cœur chez les adultes et les enfants;
L’Alberta Research Council - L’Alberta Research Council (ARC) se spécialise dans la conversion des fruits de la recherche en laboratoire en produits et services commercialisables. L’ARC est un chef de file de l’administration de tests précliniques dans tous les secteurs des sciences de la vie;
L’Edmonton Research Park - Établi en 1980, ce parc scientifique facilite la croissance des jeunes entreprises de technologie de l’Alberta en leur fournissant l’infrastructure essentielle, les installations de recherche de pointe et les services de soutien à la gestion;
L’Institut national de nanotechnologie - L’INN est un partenariat entre le Conseil national de recherches du Canada et l’Université de l’Alberta. Il est financé conjointement par le gouvernement du Canada, le gouvernement de l’Alberta et l’Université. L’objet principal de ses recherches est l’intégration de matériaux et d’appareils à échelle microscopique à des nanosystèmes complexes reliés au monde extérieur;
La Saskatchewan possède plus de 30 p. 100 de l’industrie de biotechnologie agricole du Canada. Avec 57 entreprises privées de recherche et de développement en sciences de la vie qui créent ou fabriquent des produits et des technologies, ce secteur emploie en Saskatchewan plus de 770 personnes.
Les principaux domaines d’intérêts de la province sont :
Récemment, la Saskatchewan a joué un rôle de premier plan dans la recherche sur les biocarburants et l’énergie renouvelable, et dans leur application. L’établissement du Saskatchewan Ethanol Development Council et du Biofuels Test Centre du Saskatchewan Research Council témoignent de l’engagement de la province à produire des sources d’énergie renouvelable pour atténuer les changements climatiques.
Le secteur de la biotechnologie agricole de la Saskatchewan tire sa force de la communauté agricole de la province, de l’accès à 70 millions d’acres de terres fertiles et de l’infrastructure de recherche. Le cœur de cette infrastructure est l’Université de la Saskatchewan, l’une des deux seules universités du Canada à compter cinq collèges des sciences de la vie qui se consacrent à l’étude de la vie humaine, animale et végétale.
Les autres établissements et installations de recherche de l’Université de la Saskatchewan comprennent :
Le Centre de rayonnement synchrotron Inc. (CRS) - Le CRS fournit aux chercheurs universitaires et industriels un synchrotron qui trouve de nombreuses applications, y compris dans les sciences de la vie. (Un synchrotron est une machine qui accélère un faisceau d’électrons afin de produire une lumière extrêmement brillante ou des rayons X;
La Vaccine and Infectious Disease Organisation (VIDO) - La VIDO est un organisme sans but lucratif de l’Université de la Saskatchewan. Elle se consacre à la recherche et au développement de vaccins et de technologies immunothérapeutiques pour le bétail et les humains. Elle s’enorgueillit de cinq « premières mondiales » en recherche sur la vaccination animale et explore actuellement les applications possibles en santé humaine;
L’Institut de biotechnologie des plantes du Conseil national de recherches du Canada - (IBP-CNRC) –L’IBP-CNRC est un important centre de recherche en biosciences végétales au Canada qui possède de l’expertise en génomique, en voies métaboliques, en expression génétique, en transformation génétique, en biologie structurée, et en chimie des produits naturels;
Le Saskatchewan Research Council (SRC) – Le SRC a été créé en 1947 pour faciliter le développement des sciences physiques dans la province. Cette entreprise vend des produits et des services de R-D et de technologie aux entreprises de la Saskatchewan et de l’étranger. Dans la grappe des sciences de la vie, le SRC fournit des services de testage en génétique animale et végétale, des installations de fermentation, et des services de recherche sur les biocarburants;
L’usine pilote POS – L’usine pilote POS est une organisation de recherche contractuelle confidentielle, de transformation en sous-traitance3 et de services d’analyse qui se spécialise dans l’extraction, le fractionnement, la purification et la modification de matériaux biologiques;
On estime que 4 200 personnes travaillent dans la grappe des sciences de la vie au Manitoba, dont 2 300 dans 41 entreprises privées. Cinq de ces entreprises regroupent plus de 1 800 employés (ou environ 80 p. 100 ). On compte 1 900 autres personnes qui travaillent dans 30 organisations de recherche et de développement du le secteur des sciences de la vie et dans 23 entreprises de services.
La grappe des sciences de la vie du Manitoba se distingue dans la recherche, le développement et la production de produits pharmaceutiques et biopharmaceutiques, la recherche médicale, les diagnostics médicaux et la biotechnologie agricole. Les capacités particulières de la grappe comprennent le traitement des maladies cardiovasculaires et respiratoires et des maladies infectieuses, la neuroscience, le métabolisme et la nutrition, la biologie cellulaire et la technologie génétique, et la sélection des plantes.
Parmi les autres capacités complémentaires de la grappe des sciences de la vie du Manitoba, il y a une expertise de pointe dans le développement de variétés de céréales et d’oléagineux et dans la génomique des céréales surtout concentrée à la Faculté d’agriculture de l’Université du Manitoba, au Centre de recherche sur les céréales, et à Agriculture et Agroalimentaire Canada.
Winnipeg est le centre des activités relatives aux sciences de la vie dans la province et on y trouve plusieurs grands organismes de recherche. Le principal établissement universitaire est l’Université du Manitoba, qui collabore étroitement avec des hôpitaux et d’autres organisations dans le cadre de projets sur les sciences de la vie. Les principaux établissements du Manitoba qui traitent des sciences de la vie sont :
l’Université du Manitoba - L’Université du Manitoba mène d’importants travaux de recherche dans toutes les sciences de la vie. L’Institute of Cardiovascular Sciences (ICS), la Division of Neurodegenerative Disorders (DND) et le Canadian Centre for Agrifood Research in Health and Medicine (CCARM) sont tous situés à l’Hôpital général de Saint-Boniface;
le Centre de recherche de l’Hôpital général de Saint-Boniface - Le Centre de recherche de l’Hôpital général de Saint-Boniface comprend trois installations distinctes de recherche médicale – l’édifice G. Campbell MacLean, le Dr. Andrei Sakharov MRI Centre et le I.H. Asper Clinical Research Institute – toutes trois fonctionnant au moyen de subventions de recherches examinées par les pairs, de contrats de l’industrie de collecte de fonds et d’une affiliation avec l’Université du Manitoba. L’Hôpital général de Saint-Boniface a pour mandat de faire de la recherche sur les maladies cardiovasculaires, l’imagerie par résonnance magnétique et la démence sénile;
le Health Sciences Centre, de la Winnipeg Regional Health Authority - Siemens Institute for Advanced Medicine - Par l’entremise de l’Institute for Advanced Medicine, le Health Sciences Centre cherche à se repositionner pour étendre sa pratique clinique dans le domaine de l’innovation. La construction de l’Institut est en cours et devrait être achevée vers la fin de 2008. Le Siemens Institute for Advanced Medicine se consacrera au développement des connaissances sur les neurosciences, les maladies infectieuses, l’imagerie de pointe et l’informatique médicale, ainsi qu’aux nouvelles techniques chirurgicales;
l’Institut du biodiagnostic du Conseil national de recherches du Canada (IBD-CNRC) - Établi en 1992, the l’IBD-CNRC développe des techniques et des appareils médicaux non invasifs pour améliorer la prévention, le diagnostic précoce, le traitement et le pronostic des maladies;
1 Statistiques Canada empprunte la définition de la biotechnologie de l’OCDE. Voir la section 3.3 pour lire la définition complète.
2 Dans le récent rapport sur l’industrie de BioAlberta, le nombre d’emplois ne tenait pas compte du gouvernement, des organismes de recherche, des universités et des entreprises de service et de soutien, qui emploient également du personnel spécialisé dans la bioindustrie.
3 La transformation en sous-traitance consiste à traiter le produit d’un client pour, par exemple, le mélanger à un autre produit. En règle générale, le client n’a pas l’équipement nécessaire pour le faire lui-même. C’est pourquoi il fait affaire avec un sous-traitant qui s’en charge le plus souvent, moyennant un tarif établi pour chaque kilo de matériau transformé. (D’après un article de Rick Ritter, Bill Mitchell, Dennis Sarno et Dan Bopp de Wedco Inc.)