Classement selon la cote de qualité de l’étude PLI d’IBM
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Classement selon l’indice de rentabilité de l’étude PLI d’IBM
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Aperçu de la compétitivité mondiale : Secteur des jeux vidéo
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Aperçu de la compétitivité mondiale : Secteur des services logiciels
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Capacités de l’Ouest canadien dans les secteurs des communications sans fil, des jeux vidéo et des services logiciels : capacité de niveau mondial et investissements de grandes entreprises mondiales de TIC
Le secteur des technologies de l’information et des communications (TIC) de l’Ouest canadien, qui se caractérise par son étendue et son énergie, est la deuxième grappe de TIC en importance au Canada (après celle de l’Ontario). La robuste infrastructure de recherche a attiré et retenu des spécialistes de classe mondiale dans de nombreux domaines comme les communications sans fil, les jeux vidéo et les services logiciels et, en conséquence, un nombre croissant d’investisseurs étrangers ont déjà établi leur centres de R-D dans l’Ouest canadien.
L’expression technologies de l’information et des communications (TIC) est large et couvre tous les moyens techniques qui servent à produire, à transmettre et à organiser l’information. Selon Statistique Canada, elle englobe les anciennes technologies comme la radio, la diffusion par fil et la télédiffusion, ainsi que les nouvelles technologies comme l’Internet et les appareils de communication mobiles19. Par conséquent, les données sur le secteur des TIC de l’Ouest canadien peuvent varier selon les différentes sources et la définition du secteur des TIC utilisée. Toutefois, nous pensons que les segments de croissance les plus importants de ce secteur sont clairement le développement de logiciels, les communications sans fil et les médias numériques. Dans le présent rapport, le terme « TIC
» fait référence à ces trois secteurs.
Niveaux d’emploi, contribution au PIB et investisseurs étrangers importants
En Colombie-Britannique, le secteur des TIC repose sur plus de 6 000 entreprises qui ont généré des recettes d’environ 9 G$ en 2008 20. D’après BC Stats, les emplois dans des catégories clés du secteur des TIC de cette province en 2008 se répartissaient comme suit : 32 400 dans les services de conception de systèmes informatiques; 24 100 dans la radiodiffusion et les télécommunications; 7 300 dans les services d’information et de traitement des données21. Le nombre d’emplois devrait croître rapidement au cours de la prochaine décennie, à mesure que le nombre des étudiants diplômés des établissements d’enseignement de la province dans ce domaine et des travailleurs immigrants hautement qualifiés augmentera. Le secteur des médias numériques et des jeux vidéo de la Colombie-Britannique est également important et compte de grandes entreprises telles qu’Electronic Arts et Radical Entertainment qui y intensifient leurs activités. En 2008, pour l’ensemble de la province, ce secteur a enregistré des recettes annuelles de 2 G$22.
Les emplois du secteur des TIC de la Colombie-Britannique sont concentrés dans la région métropolitaine de Vancouver, où sont établies des entreprises d’envergure mondiale telles que Microsoft Corporation, Intel, IBM, Broadcom, 3M, Eastman Kodak Company, Harmon International Industries, Sophos, Oracle, Business Objects, Nokia, Honeywell, Raytheon, Electronic Arts et Seiko Epson23. De plus, des entreprises locales comme TELUS, ACL Services Ltd., D-Wave Systems Inc., MPR Teltech, MDA, Sierra Systems, PMC-Sierra et Sierra Wireless connaissent également une croissance rapide en Colombie-Britannique. Le Conseil des technologies de l’information et des communications (CTIC) estime qu’en 2006, les professionnels des TIC formés à l’étranger représentaient 18,7 % de l’ensemble des travailleurs des TIC de la Colombie-Britannique, comparativement à la moyenne nationale de 10,3 %24. Les chercheurs immigrants et étrangers jouent donc un rôle important dans le secteur des TIC de la Colombie-Britannique.
En Alberta, le secteur des TIC compte près de 4 300 entreprises qui, ensemble, emploient environ 54 500 personnes et génèrent des recettes annuelles de plus de 10,2 G$25. De ce nombre, on estime qu’environ 16 600 travaillent dans l’industrie du logiciel et 16 000 dans le secteur des communications sans fil26. Les principales entreprises de ce secteur sont Shaw Communications Inc., GE Power Systems Canada Inc., Hemisphere GPS, Nexen Inc., Allstream, Flextronics, Colt Engineering Corp., IBM et Schlumberger Canada27. Il existe également un certain nombre de grandes entreprises de communication sans fil, comme Meta4hand, Blackline GPS, Novatel, Wedge Networks, Hemisphere GPS, Redwood Technologies et Baseband Technologies28.
Au Manitoba, les entreprises de TIC emploient 15 000 travailleurs. La province compte environ 2 500 programmeurs informatiques et 1 500 opérateurs d’ordinateur et de réseaux, et techniciens du Web29. Au nombre des 1 500 grandes entreprises de TIC de la province, mentionnons EDS, IBM Canada, IDERS, ImagiNET Resources Corp., Momentum Healthware, Online Business Systems, Protegra Technology Group et Emerging Information Systems Inc. Ces entreprises sont majoritairement établies à Winnipeg.
En Saskatchewan, on compte environ 300 entreprises de technologie de l’information, et l’industrie des TIC y a enregistré des recettes d’un milliard de dollars en 200830. L’industrie du logiciel de la Saskatchewan emploie environ 14 000 travailleurs31. Les sociétés d’informatique de la Saskatchewan sont concentrées à Saskatoon et à Regina32. Les entreprises de TIC de cette province qui connaissent actuellement le meilleur taux de croissance sont notamment Cronus Technologies Inc., Itracks, Marketel Multi-Line Dialing Systems Ltd. et Technology Management Corporation33.
Installations de recherche et développement
La R-D, combinée à la commercialisation, est la pierre angulaire de la croissance du secteur des TIC. Certaines des meilleures installations de recherche en TIC du monde se trouvent dans l’Ouest Canada. Il s’agit notamment de :
TRLabs, un consortium de R-D de Calgary principalement axé sur les TIC, est le plus grand consortium du genre au Canada. TRLabs facilite la R-D en mettant en relation des partenaires de l’industrie avec des chercheurs, des professeurs d’université et des étudiants, et en les aidant à créer des technologies novatrices. TRLabs dispose de cinq laboratoires (à Calgary, à Edmonton, à Regina, à Saskatoon et à Winnipeg) et a créé 369 technologies commercialisées et produit 83 brevets actifs34. Le Network for Emerging Wireless Technologies (NEWT) est une division de TRLabs. Le NEWT est un centre de mise au point et de testage des technologies sans fil qui offre un soutien à la conception, à l’application et à l’essai de solutions matérielles et logicielles pour les concepteurs de produits et de services sans fil.
WestGrid (Western Canada Research Grid) est un consortium d’universités de l’Ouest canadien qui fournit des ressources informatiques à haut rendement pour des projets de recherche canadiens. Cela comprend les systèmes et les programmes d’applications, le stockage de données, les réseaux et la programmation35.
Le MiNa (Microsystems and Nanotechnology Research Group), à l’Université de la Colombie-Britannique, apporte également une contribution importante à l’avancement des TIC dans l’Ouest du Canada. Les domaines de recherche couverts par le MiNa comprennent les nanocomposantes et l’informatique.
L’Institut national de nanotechnologie (INN) est le principal établissement du Canada en nanotechnologie. Il a été créé en 2001 et est exploité dans le cadre d’un partenariat entre le Conseil national de recherches du Canada et l’Université de l’Alberta. L’INN vise à faire de l’Alberta un chef de file de l’innovation en nanotechnologie. Il est financé par les gouvernements du Canada et de l’Alberta, et l’Université de l’Alberta36. Le bâtiment abrite du matériel scientifique ultramoderne d’une valeur de plus de 40 M$, y compris des microscopes-sondes à balayage, et des instruments d’analyse des produits chimiques et des matériaux37.
En Saskatchewan, le Saskatchewan Research Council exploite le 3D Virtual Reality CentreTM. Ce centre emploie le plus récent matériel de projection en stéréo à haute résolution qui peut projeter des images stéréoscopiques 3D actives, générées par ordinateur, sur trois modules d’écran de 8 pieds sur 10. Cette technologie permet à l’utilisateur de naviguer dans toutes les directions et de choisir des positions de caméra différentes, y compris des points de vue impossibles en situation réelle.
Le Manitoba a également des installations de recherche de pointe en TIC, notamment l’Engineering and Information Technology Complex de l’Université du Manitoba. Cette installation possède des outils de développement de produit reposant sur une technologie informatique de pointe, y compris un laboratoire informatique de 40 places ainsi qu’un mini-laboratoire de simulation de processus de fabrication possédant une machine de prototypage rapide, des mini machines-outils à commande numérique et un système de réalité virtuelle.
En Colombie-Britannique, à l’Université de la Colombie-Britannique (UBC) se trouve l’Advanced Materials and Processing Engineering Laboratory, où des scientifiques et des ingénieurs spécialisés dans divers domaines, notamment en génie informatique et électrique, se réunissent pour inventer des technologies novatrices. En outre, l’Institute for Computing, Information and Cognitive Systems de l’UBC et le Centre of Scientific Computing de l’Université Simon Fraser servent de vitrine à la recherche informatique faite sur le campus et dans l’ensemble du milieu plus large de la recherche le long de la côte du Pacifique. Les autres programmes offerts en Colombie-Britannique comprennent une maîtrise unique en médias numériques offerte conjointement par l’Université de la Colombie-Britannique, l’Université Simon Fraser, l’Université Emily Carr et le BCIT.
Programmes publics
Les gouvernements fédéral et provinciaux soutiennent de diverses façons l’industrie des TIC de l’Ouest du Canada, et nous pensons que cela continuera d’inciter fortement les entreprises internationales à investir dans la région.
Le gouvernement du Canada a créé le Programme de recherche scientifique et de développement expérimental (RS&DE) qui encourage les entreprises, y compris les petites et nouvelles entreprises, à mettre au point de nouveaux produits ou procédés axés sur la R-D. Le Programme RS&DE fournit aux entreprises des crédits d’impôt, remboursables ou non, pour les dépenses admissibles engagées au Canada dans des activités de R-D38. C’est l’un des programmes d’encouragement fiscal à la R-D les plus généreux de tous les pays développés.
À l’échelon provincial, la Colombie-Britannique a l’un des taux d’imposition les plus bas en Amérique du Nord. Elle offre également divers crédits d’impôt et des incitatifs à la R-D. Les crédits d’impôts pour la R-D de la Colombie-Britannique permettent aux entreprises admissibles de déduire de l’impôt provincial 10 % de leurs recettes en plus du crédit d’impôt fédéral du RS&DE39. Le gouvernement de la Colombie-Britannique a également adopté des lois pour attirer les investisseurs, comme l’International Financial Activity Act (IFAA) et la Small Business Venture Capital Act (SBVCA). Ces lois et les programmes qui en découlent aident les nouvelles entreprises de TIC de la province à commercialiser leurs idées.
Les trois autres provinces offrent également des crédits d’impôt pour encourager la R-D. Le Scientific Research and Experimental Development Tax Credit de l’Alberta représente 10 % des dépenses admissibles40. Le gouvernement de la Saskatchewan offre également le Saskatchewan Research and Development Tax Credit, qui représente 15 % des dépenses admissibles en R-D41.Au Manitoba, le Manitoba Research and Development Tax Credit prévoit un crédit non remboursable de 20 % sur l’impôt des sociétés du Manitoba42.
Les gouvernements fédéral et provinciaux soutiennent également la promotion de la technologie de l’Ouest canadien dans le reste du monde. Le gouvernement de la Colombie-Britannique commandite des lieux d’exposition dans les pavillons du Canada de diverses foires commerciales comme CommunicAsia, la plus grande foire commerciale des technologies de l’information et des communications de la région de l’Asie-Pacifique. Il a également mené une campagne active aux pavillons des Jeux Olympiques et a soutenu les efforts de commercialisation des entreprises de la Colombie-Britannique aux Jeux Olympiques de Beijing de 2008 et aux Jeux Olympiques d’hiver de Vancouver et Whistler en 2010. Nous pensons qu’il est extrêmement important pour les entreprises de TIC de l’Ouest du Canada de communiquer avec des entreprises et organisations de la région de l’Asie-Pacifique, compte tenu du potentiel de croissance de l’Ouest canadien en tant que passerelle nord-américaine du marché de l’Asie-Pacifique.
Le gouvernement de l’Alberta offre également des incitatifs novateurs en R-D. L’Alberta Innovation Voucher Pilot Program, lancé en novembre 2008, fournit aux petites entreprises axées sur la technologie des bons d’innovation qui peuvent être utilisés comme moyen de paiement pour les services offerts par des fournisseurs agréés. La préférence est accordée aux entreprises des secteurs de croissance émergents, notamment les TIC. La liste des fournisseurs de services approuvés comprend l’INN, TRLabs, NanoFab de l’Université de l’Alberta, l’Alberta Centre for Advanced Microsystems et Nanotechnology Products et l’Alberta Research Council.
Le gouvernement de l’Alberta soutient également divers groupes qui contribuent à dynamiser l’industrie des TIC. Par exemple, il soutient l’Alberta Deal Generator (ADG), qui facilite les investissements dans les entreprises de technologie à forte croissance de l’Alberta en leur donnant accès à son important réseau d’investisseurs accrédités. Le gouvernement de l’Alberta a aussi divers fonds de dotation, comme le fonds Access to the Future, de 3 G$, qui appuie des initiatives postsecondaires novatrices, et l’Alberta Ingenuity Fund, un fonds de science et de technologie d’un milliard de dollars qui encourage l’innovation. En outre, le gouvernement de l’Alberta a créé le Research and Development Associates Program qui donne aux entreprises de TIC deux années de soutien à la rémunération de récents diplômés à la maîtrise ou au doctorat qu’elles ont engagés pour effectuer des travaux de recherche (une allocation annuelle de 55 K$ et une allocation de recherche pouvant atteindre 7 K$).
Analyse de rentabilisation : une capacité de niveau mondial
Notre analyse des données de l’étude PLI d’IBM montre que le secteur des TIC de l’Ouest canadien est compétitif à l’échelle mondiale dans les trois sous-secteurs considérés dans le présent rapport. Dans le secteur des communications sans fil, Vancouver et Calgary viennent respectivement au 18e et au 20e rang, si du point de vue de la qualité. Cela tient probablement au fait que le secteur des communications sans fil de ces deux villes se concentre sur certaines applications particulières, le géopositionnement, le développement des services de télécommerce sans fil et la mise au point de produits de développement de réseau de calibre transporteur. En outre, du point de vue de la rentabilité, ces deux villes de l’Ouest canadien se classent au 3e rang. Elles ont des structures de coûts comparables à celles de centres tels que Toronto, Montréal et Waterloo, et des structures de coûts supérieures à celles d’autres grappes de communications sans fil américaines internationales.
Dans les secteurs des jeux vidéo et des services logiciels, les données de l’étude PLI d’IBM montrent que les villes de l’Ouest canadien ont l’avantage du point de vue de la qualité et de la rentabilité. Dans le secteur des jeux vidéo, les structures de coûts de Winnipeg contribuent à lui conférer le 3e rang au monde, au même niveau que Séoul (qui a une énorme industrie du jeu vidéo), tandis que Victoria (4e) et Edmonton (4e) ne sont pas loin derrière. Vancouver, bien sûr, possède une grande industrie du jeu vidéo reposant sur Electronic Arts et d’autres. Du point de vue des coûts, cette ville présente toujours un attrait par rapport à des centres mondiaux comparables tels que San Diego, Toronto ou Tokyo.
Les indicateurs de l’étude PLI d’IBM montrent que le coût de la main-d’œuvre est moins élevé dans les villes de l’Ouest canadien que dans les villes comparables des États-Unis. Par exemple, une estimation des coûts annuels de la main-d’œuvre d’un centre de conception d’une grande entreprise de logiciels montre que les coûts s’élèveraient à 9,4 M$ à Winnipeg, à 9,5 M$ à Saskatoon et à 9,7 M$ à Edmonton, comparativement à 13,1 M$ à San Francisco. En outre, lorsque nous avons calculé le coût de la main-d’œuvre d’une société de jeux vidéo typique, nous avons constaté qu’il en coûterait 2,5 M$CAN à San Diego, mais 2,2 M$ à Vancouver, 2,1 M$ à Victoria, 2 M$ à Edmonton et 2 M$ à Winnipeg. À notre avis, le coût de la main-d’œuvre moins élevé dans les villes canadiennes tient au fait que les entreprises doivent débourser moins pour fournir à leurs employés des avantages sociaux comme l’assurance-maladie. Il faut cependant garder à l’esprit qu’il s’agit uniquement du coût salarial et qu’il n’est pas tenu compte des crédits d’impôt accordés à l’emploi et à la formation offerts dans la plupart des États américains.
Les professionnels du secteur des jeux vidéo qui possèdent des compétences en logiciels et en production de médias numériques sont rares. Par conséquent, les entreprises de médias numériques et de jeux vidéo s’installent là où elles peuvent trouver ces travailleurs qualifiés. Vancouver est l’un des principaux centres au monde où il est possible de trouver un tel bassin de talents. Selon l’indice de l’étude PLI d’IBM sur la présence de travailleurs du secteur des jeux vidéo, Vancouver vient au quatrième rang parmi toutes les villes couvertes par l’étude, devancée seulement par Montréal, Toronto et Los Angeles. En plus d’avoir des travailleurs expérimentés, Vancouver compte aussi une importante population étudiante et un grand nombre de personnes qui travaillent dans l’industrie du cinéma. Ce regroupement de la production pour médias numériques et traditionnels est de plus en plus important, tandis que la frontière entre les médias numériques et traditionnels devient toujours plus floue.
Dans d’autres domaines comme les infrastructures, les impôts des sociétés, l’environnement général des affaires et la qualité de vie (qui sont tous des critères de décision clé pour les investisseurs étrangers), les centres de l’Ouest canadien se démarquent fortement.
Structure de l’industrie et dynamique de la concurrence : forte présence dans le domaine de la conception d’applications et de logiciels; manque de compétences dans les domaines des solutions de niveau transporteur des composants et des dispositifs
Il ressort de l’analyse qui précède que l’industrie des TIC de l’Ouest canadien est robuste, avec des grappes bien établies un peu partout. Les investisseurs étrangers ont reconnu cet avantage de l’Ouest canadien et ont investi massivement dans la région. En conséquence, l’Ouest canadien a de fortes capacités dans les services d’ingénierie, les services d’infrastructure et les logiciels et services habilitants, ainsi qu’une forte expertise en conception de solutions pour les entreprises et les consommateurs, et bien entendu en élaboration de contenu numérique.
Par ailleurs, le survol des entreprises de TIC de premier plan de l’Ouest canadien nous indique que seulement quelques entreprises de cette région offrent des solutions et des composantes de niveau transporteur, et conçoivent et fabriquent des dispositifs. Cela est en partie le résultat de l’évolution de la région, mais c’est un facteur important qui doit être gardé à l’esprit lorsqu’on essaie d’attirer des IED de ce secteur dans l’Ouest canadien.
Dans le secteur des communications sans fil, développer (et vendre) des produits et des services de classe transporteur est absolument crucial, car les transporteurs sont au sommet de la chaîne de valeur des télécommunications. Le problème dans l’Ouest canadien (et même dans l’ensemble du Canada), c’est que l’industrie des transporteurs sans fil est protégée par des règlements sur les investissements étrangers qui empêchent à toutes fins pratiques les transporteurs internationaux de s’établir sur le marché canadien. L’arrivée d’un transporteur mondial (de la stature de Vodafone, Orange, T-Mobile ou China Mobile) conduirait à la création de grappes de fournisseurs de technologies autour de lui et au renforcement du réseau de liens entre le siège social du transporteur et les fournisseurs de technologie qui leur permettraient de développer et de vendre leurs solutions à l’échelle mondiale. Pour le moment, les fournisseurs de technologie canadiens doivent s’en remettre aux foires commerciales et aux visites privées pour présenter leurs produits et services aux transporteurs internationaux. Autrement dit, la probabilité qu’un transporteur achète un produit ou un service pour mener ses activités internationales est plus grande si ses fournisseurs sont dans la même ville que lui, plutôt qu’à l’autre bout du monde.
Dans les industries des communications sans fil, des jeux et des logiciels de l’Ouest canadien, on compte sur les doigts d’une main les entreprises directement engagées dans la conception et la fabrication d’appareils ou de composants qui entrent dans l’infrastructure des télécommunications, des jeux et des appareils. La participation directe à l’écosystème des composantes et des appareils est également cruciale puisque, tout comme les transporteurs, les constructeurs de matériel sont au sommet de la chaîne de valeur des appareils et leur présence entraîne des retombées très positives pour les réseaux. C’est pourquoi San Diego, Waterloo, Chicago, Stockholm, Helsinki et Séoul jouissent de grappes technologiques aussi dynamiques, car il s’y trouve des fournisseurs d’infrastructures et d’appareils d’envergure mondiale tels qu’Apple, RIM, Motorola, LM Ericsson, Nokia et Nokia Siemens Network, Samsung et LG Electronics.
Nous estimons que l’industrie des TIC de l’Ouest canadien ne manque pas de moyens pour se développer à court et à moyen terme. Au cours des cinq prochaines années, selon Gartner, les segments les plus dynamiques du secteur du développement d’applications logicielles seront les outils de tests de sécurité répartis et de développement d’applications pour la plateforme Microsoft.NET. Sur ce marché du développement d’applications, important pour les entreprises de services logiciels de l’Ouest canadien, le facteur déterminant pour les vendeurs de services de conception d’applications sera leur incapacité de livrer, en temps opportun, des produits de qualité, de mener des activités de marketing efficaces et d’établir de bonnes voies de distribution43. Tous ces facteurs, ainsi que l’incertitude économique persistante et les pénuries de main-d’œuvre compétente dans les centres américains, auront pour résultat que les vendeurs de logiciels chercheront à faire plutôt leurs affaires à proximité de leurs principaux centres, une tendance qui favorisera les fournisseurs de l’Ouest canadien.
Dans le secteur des communications sans fil, le marché des applications a explosé ces deux dernières années avec l’introduction de l’iPhone. Les entreprises de l’Ouest canadien, qui se concentrent sur le développement d’applications sans fil, ont bénéficié de cet essor des applications et continueront à produire leurs solutions pour diverses plates-formes, car, selon nous, les experts de ce domaine dans l’Ouest canadien sont nombreux et très compétents.
Dans le secteur des jeux vidéo, l’expertise des Canadiens de l’Ouest est assez bien établie et la présence dans la région d’entreprises d’envergure mondiale semble mettre cette industrie à l’abri des menaces à court et à long terme.
Conséquences pour l’investissement étranger direct : le secteur des communications sans fil a besoin d’intervenants de première catégorie, de transporteurs d’envergure mondiale et du capital de risque
En ce qui concerne les stratégies pour attirer des investissements étrangers directs, nous estimons qu’il faut absolument travailler à attirer des intervenants de première catégorie, des transporteurs mondiaux et du capital de risque dans le secteur des communications sans fil. En effet, la plus forte croissance des marchés du logiciel et des jeux vidéo dépendra de la façon dont les applications seront introduites dans l’espace des appareils mobiles, par exemple dans des domaines comme la mobilité des entreprises et les jeux pour appareils mobiles. Une analyse des capacités de l’Ouest canadien montre que dans l’espace des communications sans fil, à l’exclusion d’un nombre limité d’investisseurs étrangers de première catégorie comme Nokia (et, dans une certaine mesure, Microsoft, qui a récemment investi en Colombie-Britannique), il y a peu de vendeurs internationaux de combinés téléphoniques ou d’infrastructures de télécommunications sans fil qui possèdent des installations importantes dans l’Ouest canadien. Comme dans le secteur de l’aérospatiale, la présence de ces entreprises a pour effet d’inciter leurs clients et fournisseurs à s’établir également dans l’Ouest canadien et contribue au développement de grappes qui se concentrent sur ces entreprises.
Un autre point qui doit retenir l’attention est d’assurer la présence permanente de transporteurs mondiaux de télécommunications sans fil dans l’Ouest canadien. Dans une certaine mesure, les lois canadiennes sur l’investissement étranger limitent les investissements directs que peuvent ces transporteurs mondiaux dans l’exploitation de réseaux au Canada (comme en témoigne la récente controverse sur les investissements d’Orascom Telecom dans Globalive). Cela a certainement un impact sur la force des relations entre les fournisseurs canadiens et leurs clients transporteurs mondiaux. Parallèlement, les transporteurs mondiaux ne cherchent pas seulement à établir des installations dans un pays ou une région en particulier : ils cherchent aussi les meilleures technologies et applications à leur disposition et ont des capitaux de risque à investir dans ces technologies et applications. À notre avis, la plupart des interactions entre les fournisseurs potentiels de l’Ouest canadien et les transporteurs mondiaux sont intermittentes. Les foires commerciales, les associations sectorielles et les rencontres privées ponctuelles qui résultent de ces interactions sont des moyens importants d’inciter les transporteurs mondiaux à investir dans les technologies mises au point par les entreprises de l’Ouest canadien. Il faudrait donc que ces interactions soient institutionnalisées par exemple par la création d’une foire mondiale permanente des télécommunications dans l’Ouest canadien ou des mesures incitant les transporteurs mondiaux à établir dans l’Ouest canadien un bureau de marketing qui ferait un lien permanent entre les entreprises de développement d’applications et de logiciels de l’Ouest canadien et leurs clients transporteurs mondiaux.
Un exemple de cette interaction est le Service Provider Investment Forum (SPIF), organisé chaque année par Wireless Innovation British Columbia (WINBC), conjointement avec le Conseil des télécommunications, en marge du Pacific Northwest Wireless Summit tenu à Vancouver. Le SPIF réunit chaque mois à San Francisco des représentants de transporteurs avec et sans fil, de services d’investissement de capital de risque et de divisions de R-D d’entreprises de services du monde entier. Les investisseurs du SPIF recherchent des investissements et des partenariats stratégiques dans des domaines comme les composantes, les appareils et les technologies habilitantes qui permettent d’appliquer des solutions d’entreprise et de contenu44. Depuis 2006, le SPIF a attiré les divisions de capital de risque de France Telecom, de NTT DoCoMo, de British Telecom et de Nokia, entre autres fournisseurs d’infrastructure et transporteurs mondiaux. L’institutionnalisation d’événements spécialisés comme ceux-ci ou le fait d’inviter les bureaux de développement des affaires de ces fonds mondiaux de capital de risque à s’établir dans l’Ouest canadien seraient des moyens efficaces d’aider à accroître les investissements de ces acteurs mondiaux dans la région.