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Secteur de la transformation des céréales et des aliments

Aperçu de la compétitivité mondiale : Secteur de la transformation des céréales et des aliments

Classement selon la cote de qualité de l’étude PLI d’IBM

Version textuelle (Classement selon la cote de qualité de l’étude PLI d’IBM): Classement selon la cote de qualité de l’étude PLI d’IBM

Graphique à barres du classement selon la cote de qualité de l’étude PLI d’IBM du secteur de la transformation des céréales et des aliments dans l’Ouest canadien et les grandes villes internationales

Classement selon l’indice de rentabilité de l’étude PLI d’IBM

Version textuelle (Classement selon l’indice de rentabilité de l’étude PLI d’IBM): Classement selon l’indice de rentabilité de l’étude PLI d’IBM

Graphique à barres du classement selon l’indice de rentabilité de l’étude PLI d’IBM du secteur de la transformation des céréales et des aliments dans l’Ouest canadien et les grandes villes internationales

Capacités de l’Ouest canadien dans le secteur de la transformation des céréales et des aliments : fortes capacités de transformation des céréales, des bovins et des biocombustibles

Peu importe la mesure utilisée, l’Ouest canadien peut être décrit comme le centre de production céréalière, bovine et de biocombustibles de l’Amérique du Nord. La valeur totale des secteurs de transformation des céréales et des aliments (sauf les cultures agricoles) en Alberta, au Manitoba et en Saskatchewan dépassait 16,6 G$ en 200758, l’Alberta comptant pour 10,8 G$ des ventes, le Manitoba pour 3,6 G$ et la Saskatchewan pour 2,4 G$ en 2008 (aucune statistique récente sur la C.B. n’était disponible).

L’industrie de la transformation des céréales et des aliments de l’Alberta est dominée par la transformation des produits de la viande. En 2007, ce secteur était à l’origine de ventes de 5,4 G$ (ou environ 33 % de la transformation des céréales et des aliments dans les trois provinces de l’Ouest). D’autres secteurs importants en Alberta sont ceux de la mouture des céréales et des oléagineux (1,1 G$ de ventes en 2007) et de la fabrication de boissons non alcoolisées (779,9 M$ de ventes en 2007). Les 3,5 G$ de ventes restants englobent les produits d’originale animale et les aliments pour animaux, les produits laitiers, les produits de boulangerie et tortillas, les aliments de grignotage, les fruits et légumes, les aliments de spécialité et d’autres produits alimentaires industriels.

L’industrie de la transformation des céréales et des aliments du Manitoba, d’une valeur de 3,6 G$, est dominée par d’intenses activités dans les secteurs de la mouture du blé, de l’avoine et des grains destinés à l’alimentation animale, du broyage des oléagineux et de la mouture du lin. Le Manitoba est un important fournisseur mondial d’avoine moulue et son industrie de broyage de céréales et d’oléagineux a exporté pour 642 M$ de produits de meunerie en 2008. Un certain nombre de sociétés agro-alimentaires mondiales (dont bon nombre sont canadiennes) sont établies au Manitoba, notamment la Commission canadienne du blé, Cargill Limited, Intercontinental Exchange Inc., Bunge, Emerson Milling, Can-Oat Milling (division de Viterra Inc.), Richardson International, Parrish and Heimbecker, Agricore United et Keystone Grain.

L’industrie de la transformation des céréales et des aliments de la Saskatchewan, d’une valeur de 2,3 G$, comprend plus de 300 entreprises et plus de 6 100 employés. Elle est dominée par les usines de mouture des céréales et des oléagineux, principalement destinés à la consommation nord-américaine. La Saskatchewan produit aussi plus de 1 G$ de bovins annuellement, devenant ainsi la deuxième province productrice en importance au Canada (après l’Alberta). En 2007, il y avait en tout 22 000 producteurs de bovins dans la province, avec un total de 1,5 M de vaches de boucherie. La province compte dix usines de transformation du bœuf sous inspection provinciale et sept sous inspection fédérale. Les produits du bœuf qui viennent de ces usines sont vendus sur les marchés de détail et de gros, de l’hôtellerie, de la restauration et des spécialités.

Le sous-secteur des biocombustibles est en croissance en Saskatchewan. Cette province est la plus grande source de biomasse agricole du Canada. Chaque année, les agriculteurs de la Saskatchewan produisent en moyenne 13 M de tonnes de blé, 4,6 M de tonnes de canola et 5,3 M de tonnes d’orge. Cette importante production rend la Saskatchewan particulièrement apte à fabriquer des biocombustibles, dont l’éthanol, le biodiesel et le biogaz. Trois usines d’éthanol sont actuellement en exploitation en Saskatchewan. Au total, ces trois usines produisent 167 M de litres d’éthanol par année et leur capacité totale devrait grimper à 1 G de litres d’éthanol et à 400 M de litres de biodiesel d’ici la fin de 2010. Un nouveau marché dérivé des coproduits de la production d’éthanol à base de blé commence à se développer. Les drêches de blé avec solubles (DDGS) renferment beaucoup d’énergie, de protéines et de fibres. Elles peuvent servir de complément énergétique et protéinique à diverses espèces d’animaux d’élevage. La Saskatchewan a actuellement 150 000 tonnes de drêches de blé à vendre, quantité qui devrait augmenter à 300 000 tonnes avec l’ouverture d’une nouvelle usine d’éthanol. Potash Corp. et Viterra Inc. (anciennement la Saskatchewan Wheat Pool) assurent aussi une forte présence mondiale en Saskatchewan dans l’industrie de la transformation des céréales et des aliments.

Analyse de rentabilisation : avantages à l’échelle mondiale

Notre analyse des résultats de l’étude PLI d’IBM montre que les centres de transformation des céréales et des aliments de l’Alberta, du Manitoba et de la Saskatchewan offrent plus d’avantages que les centres américains concurrents, sur les plans de la rentabilité et de la qualité. Des villes comme Brandon, au Manitoba, Medicine Hat, en Alberta, Red Deer, en Alberta, et Regina, en Saskatchewan, offrent une économie de coûts de 10 à 15 % par rapport à d’importants centres américains comme Wichita, Sioux Falls et Lubbock.

Les principaux avantages de l’Ouest canadien comprennent l’accès direct aux matières premières (entre autres, les céréales et le bétail), les faibles coûts du transport et de la chaîne frigorifique, les installations de R-D de calibre mondial dans les trois provinces de l’Ouest canadien et l’intégration du secteur agricole dans les chaînes de valeur mondiales, en raison de la présence de grosses multinationales au Canada et du fait que certaines sociétés canadiennes comme la Commission canadienne du blé, Viterra Inc. et Agricore United, sont elles-mêmes d’importants acteurs mondiaux de l’industrie de transformation des céréales et des aliments.

Structure de l’industrie et dynamique de la concurrence : compétitivité mondiale et concurrence locale

Il est intéressant de souligner la structure de l’industrie de transformation des céréales et des aliments du Canada, et le rôle important joué par les investisseurs étrangers dans le développement de ce secteur au Canada.

Dans le secteur du bœuf, par exemple, la transformation des bovins dans l’Ouest canadien a été dominée par deux sociétés américaines : Cargill Inc. et (jusqu’à récemment) Tyson Inc. L’usine de transformation de la viande de Cargill Meat Solutions à High River, en Alberta, et l’usine Lakeside de XL Foods, à Brooks, en Alberta (achetée en 2009 par IBP Tyson) détiennent ensemble 95 % du marché canadien de l’abattage du bovin gras. La majorité du bœuf en caisse carton canadien est exporté vers le marché américain, grâce aux investissements des sociétés Cargill et Tyson.

Dans le traitement et la manutention des céréales, les sociétés établies aux É.-U. ont joué un rôle important en stimulant les développements concurrentiels au Canada et en permettant aux sociétés et aux coopératives canadiennes de faire face à la concurrence mondiale. Face aux coûts élevés de la modernisation des moulins obsolètes aux É.-U., les meuneries américaines ont commencé à acheter des moulins canadiens pour répondre à la demande croissante de produits céréaliers sur les marchés américains. Depuis 1990, les meuneries américaines ont investi des sommes considérables dans l’industrie meunière canadienne. En Saskatchewan, Grain Millers (Minnesota) a acquis Popowich Milling à Yorkton en 2001 et, en 2002, une société du Michigan, Dawn Food Products, a acheté CPS Foods de Wheat Pool, ainsi que Humboldt Flour Mills Ltd. En 2002, Agriculture et Agroalimentaire Canada a estimé à plus de 70 % la capacité de mouture de blé du Canada contrôlée par des intérêts américains59.

Ces développements et investissements dans la capacité de production par des sociétés comme Cargill, Bunge, Archer Daniels Midland, Louis Dreyfus Mitsui Foods ont entraîné la restructuration de certains établissements canadiens importants, en particulier la formation de Viterra par Agricore United et le Saskatchewan Wheat Pool.

Un examen des antécédents de l’investissement étranger direct (IED) dans le secteur agricole canadien révèle que les politiques canadiennes sur les investissements au pays sont assez libérales et que des secteurs importants comme la meunerie et la transformation des aliments sont ouverts aux intérêts étrangers. De plus, dans les secteurs comme la distribution des semences et des produits chimiques et la génomique, les politiques canadiennes sur les investissements ont incité de nombreuses sociétés à investir au pays, dont Monsanto, Bayer, Syngenta, CF Industries et Terra Industries. Comme nous l’avons mentionné précédemment, la présence de ces acteurs mondiaux a encouragé des activités de fusion et d’acquisition parmi les sociétés canadiennes et entraîné la création de sociétés agroalimentaires d’envergure mondiale dans l’Ouest Canadien. Au nombre de ces sociétés figurent Potash Corp., Viterra Inc., la Commission canadienne du blé et XL Foods.

Néanmoins, tout le monde n’approuve pas cette évolution des industries de la transformation des céréales et des aliments dans l’Ouest canadien. Les agriculteurs et les éleveurs canadiens s’inquiètent beaucoup du niveau élevé de concentration dans ces secteurs à valeur ajoutée, qui réduit effectivement les recettes agricoles60. Certains producteurs du secteur primaire réclament vivement les changements suivants : l’élargissement des programmes de financement public d’amélioration génétique des plantes et des animaux; l’établissement de droits de conservation, de réutilisation, d’échange et de vente des semences; des modifications aux systèmes actuels d’enregistrement et d’annulation de l’enregistrement des variétés pour stopper l’introduction de graines génétiquement modifiées; et l’établissement de règles de concurrence claires pour empêcher qu’il y ait d’autres fusions dans des secteurs comme la commercialisation et la manutention des céréales.

En effet, il est de plus en plus difficile de trouver le juste équilibre entre la viabilité des secteurs agricoles et les demandes imposées par la nature mondiale du marché agricole d’aujourd’hui, où l’envergure est un facteur déterminant de l’efficacité et de la compétitivité mondiale. À un niveau, la réponse a été uniquement canadienne : la création de Viterra Inc. ou la fermeture de Potash Corp. a entraîné des activités mondiales pour des sociétés détenues principalement par des intérêts canadiens. Ces sociétés agricoles et d’autres établies dans l’Ouest canadien sont concurrentielles à l’échelle mondiale et achètent leurs intrants principalement de sources canadiennes. Néanmoins, il est difficile de nier la crise agricole dans l’Ouest canadien et les effets importants de la mondialisation sur les agriculteurs de cette région.

Conséquence pour l’investissement étranger direct : cibler les investissements plus restreints, mais à plus grande valeur ajoutée, et les marchés internationaux

Jusqu’à maintenant, les investissements dans l’industrie de la transformation des céréales et des aliments de l’Ouest canadien se sont limités aux gros investissements et à des fusions et acquisitions dans les secteurs de la transformation primaire, comme la mouture et la distribution des céréales ou la production de bœuf en carton dont les opérations dans l’Ouest canadien sont verticalement intégrées à d’autres marchés, principalement américains. Clairement, même si les possibilités de fusion dans des secteurs comme la mouture et la distribution des céréales, et la production de fertilisants existeront toujours en Amérique du Nord et dans le monde, de véritables possibilités de croissance mondiale se présentent aussi dans des secteurs comme les aliments fonctionnels ou nutriceutiques, les produits de santé naturels et la production de biocombustibles.

Les investisseurs étrangers sont assujettis à un certain nombre de contraintes, uniques au secteur agricole, lorsqu’ils cherchent des endroits où faire des investissements à plus grande valeur ajoutée. Les principaux facteurs qui entrent en jeu sont les suivants :

  1. Les cycles d’investissement : Comme la production et la distribution agricoles ont un coût fixe élevé à tous les stades de la chaîne de valeur, les entrepreneurs ont tout intérêt, du début à la fin, à stabiliser les volumes traités, à contrôler le rythme de production, à optimiser l’utilisation de la capacité et à satisfaire aux exigences réglementaires. Pour ce faire, la plupart des transformateurs et distributeurs ont rapproché leurs installations des consommateurs et n’investissent dans de nouvelles usines et activités qu’au moment où les installations dans lesquelles ils ont investi arrivent à la fin de leur cycle de vie. De plus, les nouveaux investissements impliquent non seulement une nouvelle usine, mais aussi une chaîne de valeur différente où les matières premières et la distribution aux grossistes, aux intermédiaires et aux détaillants doit être aussi ou plus efficace que les chaînes de valeur existantes.
  2. Les cycles technologique et réglementaire : L’intégration verticale de l’industrie canadienne des bovins à celle des É.-U. montre bien l’influence que peuvent exercer les cycles technologique et réglementaire sur l’investissement étranger dans une industrie. Pendant les années 1990, les approches conventionnelles de la production de bœuf et de porc ont changé radicalement, la technologie de contrôle des maladies et les changements réglementaires ayant causé en grande partie l’intégration verticale de toutes les parties de la chaîne de valeur du bœuf, des aliments pour le bétail à la transformation en passant par l’élevage vache-veau, le stockage, la semi-finition, la finition et l’emballage, etc. Autrement dit, lorsqu’il y a des changements technologiques et réglementaires (dans des secteurs comme les aliments emballés), les investisseurs étrangers cherchent les endroits qui répondent le mieux aux exigences liées à la chaîne de valeur;
  3. Les cycles de vie des produits : Une contrainte majeure à laquelle sont confrontés les investisseurs étrangers lorsqu’ils cherchent un endroit où faire des investissements à plus grande valeur ajoutée dans l’Ouest canadien (ou ailleurs) est le caractère périssable de bon nombre de produits alimentaires. Cette simple réalité explique que la chaîne de valeur en entier et l’industrie de la chaîne frigorifique ont suivi le rapide mouvement des matières premières agricoles des fermes vers des endroits plus proches des consommateurs, mouvement qui a réduit les autres activités de transformation près des fermes. Compte tenu du climat d’ouverture en matière d’investissement au Canada, il n’est donc pas étonnant que la plupart des grands investissements dans l’Ouest canadien se soient faits dans l’industrie de la transformation primaire des produits agricoles de base. Cependant, dans ce cas aussi, à mesure que s’étendront les cycles de vie des produits grâce à l’utilisation des technologies et à la réglementation, les activités de transformation secondaire devraient s’intensifier dans l’Ouest canadien.

C’est pourquoi il importe, selon nous, de stimuler les investissements par les fabricants de produits alimentaires de créneaux qui ciblent les consommateurs finaux, et d’encourager ces sociétés à établir des usines et à mener leurs activités dans l’Ouest canadien. Les producteurs d’aliments fonctionnels et nutriceutiques, de produits de santé naturels sont particulièrement concernés ici, car la chaîne de valeur des aliments fonctionnels et des nutriceutiques diffère de celle du modèle alimentaire conventionnel. Trois composantes s’ajoutent à cette chaîne de valeur : la recherche, le développement des technologies et la commercialisation des produits61. Si ces trois composantes sont aussi présentes dans la chaîne de valeur des produits conventionnels, elles n’y tiennent généralement pas une grande place. En ce qui a trait aux aliments fonctionnels et nutriceutiques, la recherche scientifique et le développement des technologies sont souvent les forces motrices du développement de produits et la commercialisation prend alors une plus grande importance.

Il importe de souligner que l’Ouest canadien a certaines grandes installations de R-D dans le secteur du développement des aliments fonctionnels. Le Richardson Centre for Functional Foods and Nutraceuticals, de l’Université du Manitoba, est le seul centre spécialisé dans la R-D des aliments fonctionnels et des nutriceutiques. Notre étude indique que, même s’il existe d’autres centres de ce genre ailleurs, le Richardson Centre est le seul qui vise exclusivement le développement d’un marché pour cette catégorie de produits alimentaires.