Classement selon la cote de qualité de l’étude PLI d’IBM
Version textuelle (Classement selon la cote de qualité de l’étude PLI d’IBM): Classement selon la cote de qualité de l’étude PLI d’IBM
Classement selon l’indice de rentabilité de l’étude PLI d’IBM
Version textuelle (Classement selon l’indice de rentabilité de l’étude PLI d’IBM): Classement selon l’indice de rentabilité de l’étude PLI d’IBM
Capacités de l’Ouest canadien dans le secteur des produits chimiques industriels : une forte compétitivité mondiale
Le secteur canadien des produits chimiques industriels compte parmi les plus importants au pays dans l’industrie de la fabrication en général, en plus d’arriver au troisième rang au chapitre de l’exportation de biens fabriqués. À l’échelle du pays, il représente 3 000 entreprises qui emploient environ 78 000 personnes62. Neuf des dix principales sociétés de l’industrie chimique dans le monde ont des installations au Canada63.
Axées sur les technologies, les entreprises qui composent le secteur des produits chimiques industriels emploient un nombre élevé de travailleurs du savoir hautement spécialisés dans un vaste éventail de disciplines, y compris la chimie, l’informatique et le génie mécanique et chimique. Forte d’abondantes ressources naturelles exploitées pour la fabrication de produits pétrochimiques et de produits chimiques organiques, l’Alberta peut se targuer d’être la deuxième plus importante région manufacturière dans le secteur pétrochimique au pays64.
L’industrie chimique de l’Ouest canadien englobe les secteurs ci-dessous.
Produits pétrochimiques
Le secteur des produits pétrochimiques de l’Ouest canadien est centré sur la production d’éthylène. Outre la forte présence de mégasociétés pétrochimiques étrangères, comme Dow Chemical et NOVA, sur son territoire comme ailleurs dans l’Ouest du Canada, l’Alberta se distingue par quatre grandes usines d’éthylène, dont deux figurent parmi les plus importantes au monde65.
Plastiques
Le secteur de la fabrication de plastiques, qui produit aussi des moules et diverses pièces d’équipement, est en plein essor. Dans l’Ouest canadien, la production de plastiques est concentrée en C.B. et en Alberta. Elle est étroitement intégrée à d’autres secteurs manufacturiers avancés, comme l’aérospatiale, l’automobile, les instruments médicaux et les télécommunications.
Edmonton et Vancouver sont deux villes de l’Ouest canadien réputées pour la fabrication de plastiques. Edmonton et sa région environnante ont connu une forte croissance économique sous l’effet des investissements dans les sables bitumineux albertains, qui ont bénéficié à l’industrie locale des plastiques. Vancouver, en tant que porte canadienne du Pacifique, possède également une impressionnante grappe d’entreprises spécialisées dans la production de plastiques, à la fois au service des marchés intérieurs et de ceux de l’Ouest des É.-U. et de l’Asie, dont la croissance est fulgurante.66
Les pesticides et les engrais, les produits chimiques spécialisés et délicats (teintures, lubrifiants, etc.), les résines synthétiques, les savons, d’autres détersifs et des produits pour les toilettes ainsi que les peintures et les revêtements destinés au marché de l’habitation et au marché industriel comptent parmi les autres produits chimiques fabriqués dans l’Ouest canadien.
Niveaux d’emploi, contribution au PIB et investisseurs étrangers importants
Quoique nombreuses, les entreprises fabriquant des produits chimiques industriels dans l’Ouest canadien tendent à être relativement petites : la plupart d’entre elles emploient moins de 100 personnes. La C.-B n’a sur son territoire que quatre entreprises de taille moyenne (entre 100 et 499 employés) et aucune grande entreprise (plus de 500 employés)67.
Un grand nombre d’entreprises spécialisées dans la fabrication de produits chimiques industriels se trouvent en Alberta. Cette province accueille 27 moyennes entreprises et un grand joueur sur l’échiquier des produits chimiques (Dow Chemicals, qui emploie environ 630 personnes). Comme en C.B., les moyennes entreprises albertaines œuvrent majoritairement dans l’industrie des plastiques et du caoutchouc, bien que sept d’entre elles se spécialisent dans les produits chimiques et quatre autres dans les pesticides et les engrais68.
La Saskatchewan compte moins d’entreprise majeures, mais une grande société pétrochimique avec plus de 500 employés s’y est établie. Le Manitoba a aussi moins d’entreprises dans l’ensemble, mais il profite de la présence d’une importante société spécialisée dans le secteur du caoutchouc et des plastiques69.
Alberta
De façon globale, l’Ouest du Canada possède la plus grande industrie pétrochimique au pays. Notons plus particulièrement qu’Edmonton soutient un complexe intégrant la valorisation et le raffinage du pétrole et la pétrochimie, en plus d’accueillir le secteur manufacturier de produits pétrochimiques le plus important au Canada. C’est à Edmonton que se sont établies deux des plus grandes usines pétrochimiques au monde, ainsi que d’autres installations plus petites qui, en 2007, ont employé plus de 7 700 personnes et réalisé des exportations de 6,2 milliards de dollars. L’accès à d’abondants gisements de gaz naturel et le potentiel pour un approvisionnement encore plus important grâce au raffinage des sables bitumineux en pétrole positionnent Edmonton pour en faire l’un des plus grands centres de fabrication de produits chimiques au monde, à des coûts concurrentiels70.
L’Alberta possède une grappe chimique et pétrochimique de calibre mondial à laquelle sont associés environ 36 grands fabricants qui représentent plus de 50 % des capacités pétrochimiques canadiennes. Près de 35 % de l’ensemble des résines et produits chimiques de base canadiens sont fabriqués en Alberta. L’industrie provinciale des produits chimiques industriels tire profit de réserves d’éthane et de gaz naturel à faible coût, auxquelles s’ajoutent les sables bitumineux – la deuxième plus importante source connue de pétrole sur la planète71.
Composant le principal secteur manufacturier de la province en termes d’exportations et de revenus, les entreprises albertaines spécialisées dans les produits chimiques et pétrochimiques ont une production qui se chiffre à plus de 9,5 milliards de dollars par an, majoritairement exportée vers les É.-U., l’Asie et le Mexique. Dans l’ensemble, les produits chimiques et pétrochimiques étaient à l’origine de 44 % des expéditions manufacturières de la province en 200672. Figurent au nombre des plus grands fabricants albertains de produits chimiques industriels :
Colombie-Britannique
L’industrie chimique en pleine expansion de Vancouver bénéficie d’une solide infrastructure, comme le Port Metro Vancouver, lien essentiel entre cette ville de l’Ouest et les marchés de produits chimiques outre-mer. Les entreprises locales, qui produisent des adhésifs, des antigels, des additifs d’essence brûlant sans résidu, du formaldéhyde, des plastiques rigides et souples, des peintures, des additifs et des agents de transformation, des pâtes et papiers ainsi que des agents de traitement de l’eau, des minéraux et des vitamines pour les aliments des animaux, expédient chaque année des biens d’une valeur supérieure à 1 G$ par le Port Metro Vancouver82.
Figurent au nombre des plus grands fabricants de produits chimiques du Grand Vancouver et d’ailleurs en C.B. :
Saskatchewan
La Saskatchewan accueille quelques grandes entreprises fabriquant des produits chimiques et des engrais, et son industrie des plastiques, bien positionnée, est très prometteuse. De petites grappes spécialisées dans les plastiques, qui bénéficient de l’appui du Saskatchewan Research Council88. ont vu le jour à Saskatoon ainsi qu’à Regina et à Moose Jaw. La société la plus connue de la province dans le secteur des produits chimiques industriels est Consumer’s Co-operative Refineries Limited (CCRL). Située à Regina, CCRL est la plus importante raffinerie exploitée sous la forme d’une coopérative. Elle fournit à des associations coopératives locales des produits pétroliers de qualité. Bénéficiant d’une croissance foudroyante depuis sa création, elle emploie actuellement 640 employés à temps plein et quelque 1 000 employés et personnes engagées à contrat supplémentaires lorsque la demande est très élevée89.
Manitoba
Le Manitoba n’a pas autant de grands joueurs que les autres provinces, mais il accueille Winpak Ltd., un important fabricant de matériaux d’emballage de qualité supérieure et de machines de conditionnement novatrices. Cette société basée à Winnipeg exploite neuf installations de production au Canada et aux É.-U., emploie 300 personnes et dessert une clientèle mondiale. Ses produits sont surtout utilisés pour la protection d’aliments et de boissons périssables, et intégrés à diverses applications dans le secteur des soins de santé90.
Sociétés étrangères dominantes dans l’Ouest canadien
L’Ouest canadien attire beaucoup de multinationales importantes dans le secteur des produits chimiques industriels, et bon nombre d’entre elles se sont établies dans plus d’une province de la région.
Installations et programmes de recherche et de développement : L’Ouest canadien accueille un certain nombre d’installations et d’équipes de recherche de pointe dans le domaine des produits chimiques industriels. Figurent parmi ses principaux centres de recherche et d’innovation :
Programme de recherche sur l’utilisation des lipides de l’université de l’alberta : Le programme de recherche sur l’utilisation des lipides de l’Université de l’Alberta réunit la plus importante équipe de scientifiques dans ce domaine, déterminés à faire avancer la recherche sur l’utilisation des oléagineux et de la graisse animale dans la fabrication de bioplastiques et de produits chimiques spécialisés96.
Alberta energy research institute : L’Alberta Energy Research Institute (AERI) encourage la recherche en énergie de même que l’évaluation et le transfert de la technologie dans divers secteurs, notamment ceux du pétrole et du gaz, du pétrole lourd et des sables bitumineux, du charbon, de l’électricité ainsi que des sources d’énergie renouvelables et de remplacement. Il favorise la création de consortiums et de réseaux en intégrant le savoir, les compétences et le potentiel d’investissement des intervenants de l’industrie, des gouvernements fédéral et provincial, des organismes de recherche et des universités97.
Alberta ingenuity centre for in situ energy : L’Alberta Ingenuity Centre for In Situ Energy (AICISE), mis sur pied en 2004, rassemble des scientifiques, des industriels et d’autres partenaires pour l’élaboration de processus et de pratiques plus efficaces, plus rentables et plus viables sur le plan environnemental en vue de la récupération in situ et de la valorisation des sables bitumineux de l’Alberta. L’AICISE compte plus d’un partenaire industriel : la société Shell International E&P/Shell Canada, qui a pris part à sa création, ainsi que ConocoPhillips, Nexen Inc., Repsol YPF et Total E&P Canada. Il est installé dans les locaux du Calgary Centre for Innovative Technology98.
Institute for sustainable energy, environment and economy de l’université de calgary : L’Institute for Sustainable Energy, Environment and Economy (ISEEE) a été créé en 2003 dans le but de diriger et de coordonner l’élaboration et la mise en œuvre de diverses initiatives de l’Université de Calgary touchant l’énergie et l’environnement. L’ISEEE assure donc un leadership pour orienter des activités de recherche et d’enseignement multidisciplinaires, de calibre mondial et axées sur une mission particulière, soit la promotion de l’énergie durable, la protection de l’environnement et le renforcement de l’économie99.
Consortium for heavy oil research by university scientists de l’université de calgary : Le Consortium for Heavy Oil Research by University Scientists (CHORUS) a pour objectif de mettre au point et d’évaluer des méthodes sismiques pour la surveillance des processus de récupération du pétrole lourd. Cet objectif l’amène à traiter et à interpréter des données sismiques répétitives. Les résultats obtenus se traduisent notamment par la découverte de solutions à des problèmes sur le terrain, qui se rapportent plus précisément aux données sur les réserves destinées à la production de pétrole lourd. ConocoPhillips, Nexen Energy, Shell Canada et d’autres importantes sociétés d’énergie comptent parmi les commanditaires du CHORUS100.
Alberta research council : L’Alberta Research Council (ARC) est un organisme de recherche appliquée et de développement sans but lucratif qui se spécialise dans le développement et la commercialisation de technologies, et dans la transformation d’idées encore embryonnaires en produits et services axés sur les technologies commercialisables. L’ARC emploie plus de 600 ingénieurs, scientifiques et autres professionnels, et exploite cinq installations dans l’ensemble de la province. Il travaille en collaboration avec le gouvernement de l’Alberta pour l’aider à réaliser le programme d’innovation provincial, entre autres dans le secteur des produits chimiques industriels101.
Petroleum technology research centre de l’université de regina:: Le Petroleum Technology Research Centre (PTRC), situé dans le parc de recherche de Regina, près de l’Université de Regina, est un organisme de recherche et de développement sans but lucratif créé en 1998 par Ressources naturelles Canada, le ministère de l’Industrie et des Ressources de la Saskatchewan, le Saskatchewan Research Council et l’Université de Regina, avec l’appui de l’industrie pétrolière et gazière de l’Ouest canadien. Les activités du PTRC comprennent la gestion d’un projet de stockage de CO2 (Weyburn-Midale) et d’un projet de recherche sur les émissions de CO2 évitées (JIVE) – les plus importants projets du genre au monde – ainsi que, de concert avec SaskPower, l’édification de la première centrale thermique au charbon ne produisant aucune émission et la recherche de technologies de récupération assistée des hydrocarbures (RAH)102.
Saskatchewan research council : Le Saskatchewan Research Council (SRC) est le principal fournisseur de services de commercialisation des résultats de la R-D appliquée et des technologies de la Saskatchewan, y compris dans le secteur des produits chimiques industriels. Il compte plus de 350 employés et génère des recettes annuelles de 41 M$. Ses cinq divisions commerciales se spécialisent dans les domaines suivants : l’agriculture, la biotechnologie et l’alimentation; l’énergie de remplacement et la fabrication; l’énergie; l’environnement et la foresterie; les mines et les minéraux. Le SRC gère des laboratoires pour la démonstration en banc d’essai et des installations pour la mise en œuvre de projets pilotes, le tout sur plus de 110 000 pieds carrés. Il dessert plus de 1 900 clients et partenaires.
Analyse de rentabilisation : des propositions d’une excellente valeur qui bénéficieront des portes d’entrée
D’après notre analyse des données de l’étude PLI d’IBM, Edmonton est la seule ville de l’Ouest canadien qui figure sur la liste des 20 plus grands centres mondiaux de production de produits chimiques industriels. Le classement effectué selon la cote de qualité et l’indice de rentabilité place cette ville albertaine aux 9e et 8e rangs, respectivement. Sur le plan de la qualité, il importe de noter qu’Edmonton occupe à peu près la même position que certains des plus grands centres de produits chimiques industriels, comme ceux de Yanbu-Madinah, de São Paulo ou de Leipzig, et dépasse les autres centres nord-américains, comme ceux de Sarnia et de la Nouvelle-Orléans. En ce qui a trait à la rentabilité, soulignons que, de façon générale, Edmonton se compare avantageusement aux autres centres canadiens et aux principales grappes américaines se spécialisant dans les produits chimiques industriels, comme Houston et la Nouvelle-Orléans.
Les atouts auxquels l’industrie des produits chimiques de l’Ouest canadien doit sa compétitivité sont nombreux : une main-d’œuvre hautement qualifiée, des taux d’imposition relativement faibles, des unités modernes de craquage de l’éthylène, de vastes et efficaces installations d’extraction, la présence de certaines des plus grandes usines de dérivés au monde et un approvisionnement abondant en matières premières à des prix concurrentiels103. De plus, la construction prochaine de pipelines de gaz naturel nordiques et la mise en valeur imminente de ressources en mer ne peuvent qu’accroître la rentabilité de ce secteur104.
Comme les chaînes de valeur du secteur des produits chimiques industriels évoluent du nord vers le sud, nous avons étendu notre analyse à la structure des coûts des villes de l’Ouest canadien par rapport à d’autres grappes américaines et canadiennes se spécialisant dans les produits chimiques industriels, en nous basant sur l’étude Choix concurrentiels de KPMG. Cette analyse apporte une comparaison plus détaillée de la structure des coûts dans l’Ouest canadien, et nous pouvons en conclure que, à l’exception d’Abbotsford et de Vancouver, les coûts engagés dans les villes de l’Ouest du pays sont inférieurs à l’indice de référence de 100 des États-Unis. En outre, même les villes d’Abbotsford et de Vancouver sont associées à des coûts d’exploitation moindres que ceux de la plupart des autres villes à l’extérieur de l’Ouest canadien (voir le tableau 5 ci-dessous)105. Précisons toutefois que les avantages des centres de l’Ouest canadien en termes de coûts ne sont pas énormes, variant entre 2,4 % à Red Deer, en Alberta, et 5,2 % à Brandon, au Manitoba.
Outre l’avantage offert sur le plan de la structure des coûts, une infrastructure de portes d’entrée est importante pour le secteur des produits chimiques industriels en général, car elle permet l’expédition en vrac, par voie ferroviaire ou maritime, de produits chimiques de base ou spécialisés tirés des ressources naturelles vers des destinations intermédiaires, puis leurs destinations finales. Aussi sommes-nous d’avis que, par rapport à des villes concurrentes du Midwest américain, les centres comme Edmonton et Vancouver proposent une excellente valeur si on tient compte de tous les coûts, notamment ceux du transport et de la logistique.
Tableau 6 : Classement des coûts d’exploitation liés à la fabrication de produits chimiques spécialisés dans certaine villes sélectionnées
| Ville | Pays | Indice* |
|---|---|---|
| Abbotsford, C.B. | Canada | 100,3 |
| Brandon, Man. | Canada | 94,8 |
| Calgary, Alb. | Canada | 99,9 |
| Cheyenne, WY | États-Unis | 97,3 |
| Edmonton, Alb. | Canada | 99,5 |
| Greenville-Spartanburg, SC | États-Unis | 97,0 |
| Halle | Allemagne | 113,5 |
| Kelowna, C.B. | Canada | 99,4 |
| Lexington, KY | États-Unis | 96,9 |
| Little Rock, AZ | États-Unis | 96,3 |
| Melbourne | Australie | 101,9 |
| Moncton, N.-B. | Canada | 96,5 |
| Oklahoma City, OK | États-Unis | 96,1 |
| Plymouth, Devon | Royaume-Uni | 106,6 |
| Red Deer, Alb. | Canada | 97,6 |
| Regina, Sask. | Canada | 96,7 |
| Reynosa, Tamaulipas | Mexique | 86,6 |
| San Diego, CA | États-Unis | 102,7 |
| San Juan, PR | États-Unis | 94,3 |
| Saskatoon, Sask. | Canada | 96,5 |
| Seattle, WA | États-Unis | 102,3 |
| Sherbrooke, QC | Canada | 96,1 |
| Shreveport, LA | États-Unis | 95,6 |
| St. John’s, NL | Canada | 96,6 |
| Toulouse | France | 104,2 |
| Utrecht | Pays-Bas | 109 |
| Vancouver, C.B. | Canada | 101,3 |
| Vicence | Italie | 107,6 |
| Winnipeg, Man. | Canada | 97,0 |
*Les coûts engagés pour faire des affaires sont exprimés sous la forme d’un indice, où l’indice de référence de 100,0 est attribué aux États-Unis.
Source : KPMG, Choix concurrentiels, 2008, ftp://ftp.competitivealternatives.com/2008_compalt_execsum_fr.pdf, consulté le 16 décembre 2009.
Structure de l’industrie et dynamique de la concurrence : contraintes et obstacles liés à la capacité de raffinage dans la chaîne de valeur
Selon nous, le principal problème auquel se heurte le secteur des produits chimiques industriels à valeur ajoutée de l’Ouest canadien a trait à la capacité de raffinage dans la région. Ce problème tient au fait que la capacité de raffinage est au cœur de la dynamique de l’offre dans l’industrie des produits chimiques industriels en aval. La capacité de raffinage totale actuelle, dans l’ensemble de l’Ouest canadien, s’élève à environ 625 000 bpj106. Ce n’est rien par rapport à celle de la « route des raffineries
» (refiners’ alley) le long de la côte américaine du golfe du Mexique (Texas et Louisiane), qui, avec environ 20,9 millions de bpj, équivaut à peu près à la moitié de la capacité de raffinage américaine. À elle seule, la raffinerie d’ExxonMobil à Baytown a une capacité de raffinage de 557 000 bpj, soit 1,27 fois celle de l’Alberta à l’heure actuelle.
Les coûts font partie des raisons invoquées pour la création de raffineries supplémentaires. Les études de l’étude PLI d’IBM et de KPMG mentionnées ci-dessus font valoir certains avantages en termes de coûts en faveur des centres de l’Ouest canadien, mais ceux-ci ne suffisent nullement pour justifier des investissements majeurs afin d’améliorer la capacité de raffinage dans la région. Il ne faut pas oublier que, jusqu’en 2008, une grave pénurie de main-d’œuvre sévissait en Alberta. Ainsi, la raffinerie de Shell Canada à Scotford, avait besoin de 9 000 travailleurs de la construction au moment où celle-ci battait son plein107. Bien que des études aient montré qu’une raffinerie intégrée confère à l’Alberta un important avantage relativement aux coûts par rapport aux raffineries de la côte américaine du golfe du Mexique108, il est évident que d’autres facteurs de la chaîne de valeur demeurent prioritaires aux yeux des sociétés mondiales qui fabriquent des produits chimiques industriels ou qui exploitent des raffineries au moment de songer à la valeur ajoutée offerte dans l’Ouest canadien.
Outre les coûts et l’échelle relatifs des travaux de construction d’une grande raffinerie, la tendance actuelle des investissements dans le secteur pétrolier et gazier de l’Ouest canadien va aux exportations de pétrole brut. Des pipelines exploités par Enbridge et Kinder Morgan, auxquels s’ajoutent ceux de Rangeland, de Milk River et de Bow River, ainsi que ceux de Wascana, transportent tous du pétrole brut de l’Alberta et de la Saskatchewan vers l’ouest (Vancouver), l’est (Sarnia) et le sud (Montana, Wisconsin, Illinois, etc.). De plus, de nouveaux projets pipeliniers, comme la Northern Gateway que propose Enbridge (pipeline capable de transporter 525 000 bpj de l’Alberta vers le port de mer de Kitimat), visent à répondre à la demande croissante en provenance du marché de l’Asie-Pacifique. La société Kinder Morgan Canada exploite déjà un pipeline de pétrole brut de l’Alberta à Burnaby, dont elle a récemment accru la capacité pour le transport de 300 000 bpj et prévu poursuivre son expansion afin que cette capacité atteigne 700 000 bpj109. Tout cela, combiné avec les initiatives mises en œuvre au Port Metro Vancouver pour l’augmentation de la capacité des navires Panamax et Aframax, indique que l’industrie se lance actuellement davantage dans l’exportation que dans le raffinage du pétrole brut dans l’Ouest canadien.
Conséquences pour l’investissement étranger direct : cibler les projets spécialisés de moyenne envergure
La structure de l’industrie et la dynamique de la concurrence générale du secteur pétrolier et gazier de l’Ouest canadien ont d’importantes conséquences sur le secteur des produits chimiques industriels de l’Ouest. Premièrement, le manque de grandes raffineries fait que les sociétés mondiales et canadiennes œuvrant dans le secteur des produits chimiques industriels préféreront sans doute restreindre leurs investissements aux projets spécialisés de moyenne envergure qui viendraient compléter une capacité existante. Il semble en effet qu’il s’agit là du mode opératoire des activités liées au secteur des produits chimiques industriels dans l’Ouest.
Deuxièmement, si notre point de vue ne s’appuie pas sur une analyse détaillée de la structure des coûts, car ce n’était pas l’objet de la présente étude, tout indique que les « avantages
» en termes de coûts offerts dans l’Ouest qu’ont soulignés diverses études de commercialisation connexes ne sont pas si importants. De fait, l’avantage de 2 à 5 % noté à cet égard dans un rapport de 2008 préparé par KPMG, Choix concurrentiels, a disparu depuis la publication de ce dernier (mars 2008) à cause de l’envolée du huard!
Troisièmement, les propriétaires exploitant les sables bitumineux comme les sociétés pipelinières de l’Ouest canadien ont investi des dizaines de milliards de dollars dans la création d’une chaîne de valeur entièrement axée sur l’exportation du pétrole brut. Aussi, toute déviation de cette chaîne de valeur en vue de desservir un secteur des produits chimiques industriels dans l’Ouest canadien ne devrait s’écarter au départ que très légèrement du modèle commercial en place, c’est-à-dire vers des applications de produits chimiques et de plastiques spécialisées.
Enfin, les raffineries mondiales doivent composer avec d’importants déséquilibres entre l’offre et la demande à cause de la récession économique mondiale. En fait, seulement au Canada, on a annoncé la fermeture de deux raffineries en janvier 2010, ce qui a entraîné une diminution de la capacité de raffinage canadienne de 10 % : la raffinerie de Shell à Montréal-Est et celle de Petro-Canada à Oakville, en Ontario. D’importantes réductions de la capacité de raffinage tendent à se faire à l’échelle mondiale, et à se poursuivre à court terme. Nous pouvons en déduire que les investissements que prévoient faire dans l’Ouest canadien les sociétés mondiales se spécialisant dans les produits chimiques industriels se limiteront vraisemblablement aux applications propres à des créneaux.